TM enduro 2026 : les quatre injections de Pesaro à l'essai

TM enduro 2026 : la 250 quatre-temps perd 360 euros, l'amortisseur devient maison et la garantie atteint douze mois. Ce qu'en ont relevé deux essais.

Trois cent soixante euros de moins sur la 250 quatre-temps

La gamme TM enduro 2026 arrive avec deux tarifs en recul. La EN 250Fi 4T est affichée à 11 999 euros, soit 360 euros sous le millésime précédent, et la EN 300Fi 4T à 12 599 euros, en baisse de 160 euros. Les deux 2-temps à injection conservent leur prix de 2025 : 10 479 euros pour la EN 125Fi ES, 11 659 euros pour la EN 300Fi ES. Euroboost, importateur français de la marque, indique à Freenduro qu'aucun modèle n'augmente cette année. Ces montants placent l'artisan de Pesaro juste sous les autrichiennes et nettement au-dessus des espagnoles. La 300 2T se situe 410 euros en dessous d'une Husqvarna 300 TE tarifée 12 069 euros au millésime précédent, mais 930 euros au-dessus d'une GasGas EC 300 à 10 729 euros. La 250 4T se glisse de la même façon entre la Husqvarna 250 FE, à 12 379 euros, et la GasGas EC 250F, à 11 039 euros.

Le détail de la gamme, tarif et poids à sec annoncés, donne la mesure des écarts internes :

  • EN 125Fi ES 2T : 10 479 euros, 93 kg, réservoir de 8,5 litres, démarrage au kick
  • EN 300Fi ES 2T : 11 659 euros, 100 kg, réservoir de 8,5 litres, démarreur électrique
  • EN 250Fi 4T : 11 999 euros, 103 kg, réservoir de 7,5 litres, 13 299 euros en finition Corse
  • EN 300Fi 4T : 12 599 euros, 103 kg, réservoir de 7,5 litres, démarreur électrique

Cadre aluminium, Kayaba de 48 et amortisseur désormais maison

Les quatre machines partagent le même cadre périmétrique en aluminium et une fourche Kayaba de 48 millimètres, pour 310 millimètres de débattement avant contre 300 millimètres à l'arrière. La vraie évolution du millésime se trouve derrière : l'amortisseur n'est plus acheté à un sous-traitant, il est développé et produit par TM Racing. Cyril Raynaud, pour Freenduro, le juge « tout simplement parfait » après une journée sur le domaine School Rider, dans le Lot. Jean-Marie Pouget, pour Moto Verte et sur le même terrain, relève une motricité arrière que les quatre modèles partagent, et l'attribue à ce réglage de suspension. Le freinage associe un disque de 270 millimètres à l'avant et de 240 millimètres à l'arrière, dimensions courantes sur le segment. La hauteur de selle l'est moins : 985 à 990 millimètres selon les versions, et les deux essais signalent le point comme sélectif pour les petits gabarits.

Quatre moteurs à injection, du 125 au 300

L'injection est généralisée sur les quatre cylindrées, avec boîte à six rapports et refroidissement liquide partout. Pour 2026, TM annonce de nouvelles cartographies avec deux courbes moteur sélectionnables, une valve d'échappement renforcée sur la 125, un embrayage revu pour l'endurance, un silencieux redessiné pour le couple, et un corps d'injection spécifique aux deux 4-temps. Ces choix se lisent dans les deux essais. Raynaud parle d'une « révélation » à propos de la 125 2T, avec de la force dès les bas et mi-régimes, ce qui n'est pas l'usage d'une 125 de compétition. Pouget note que la 300 2T encaisse toute une spéciale sur le troisième rapport, et décrit une distribution plus douce sur les deux 4-temps. Le moteur de la 250 4T est présenté par Freenduro comme le meilleur actuellement proposé dans la catégorie, jugement d'essayeur et non donnée d'usine.

Douze mois de garantie contre un réseau court

TM couvre désormais ses machines par une garantie constructeur de douze mois sans surcoût, ce que Freenduro qualifie d'inédit chez un préparateur de cette taille. La contrepartie tient au réseau : Moto Verte relève un maillage de concessions faible face aux généralistes japonais, et une valeur de revente inférieure à celle des marques installées. Sur une machine de 12 000 euros, cet écart de cote pèse plus lourd que les 360 euros gagnés au tarif catalogue, et c'est le calcul à faire avant de signer. La finition Corse, réservée à la 250 4T, ajoute 1 300 euros pour des pièces anodisées bronze et un guidon Renthal, dans la configuration de Zach Pichon. À 13 299 euros, elle dépasse une Honda CRF 250 RXR affichée 12 399 euros au millésime précédent.

Ce que les deux essais mettent au débit

Aucun des deux comptes rendus ne passe la gamme sans réserve. Raynaud décrit la 300 2T comme très agressive en courbe et sur terrain dur, un caractère qui demande de la main. Le cadre aluminium, plus rigide qu'une structure acier, remonte davantage les défauts sur terrain cassant : le constat vaut pour les quatre machines. Le support de plaque d'immatriculation est jugé volumineux, détail qui compte sur une machine homologuée destinée à la liaison. Pouget ajoute une boîte très courtement étagée sur la 300 4T, une teinte grise et une optique avant clivantes. Aucun des deux essayeurs ne met en cause la fiabilité, mais aucun ne roule au-delà d'une journée : la garantie de douze mois reste, sur ce point, la seule information vérifiable.

Pour qui, et à quel prix

À 11 999 euros, la EN 250Fi 4T est la plus cohérente de la gamme : moins chère que la Husqvarna 250 FE de 380 euros, avec le moteur le mieux noté des deux essais et le nouvel amortisseur. Elle vise le pilote de club qui roule en compétition régionale et accepte de rouler avec une concession éloignée. La EN 125Fi ES à 10 479 euros se justifie pour qui cherche un 2-temps léger, 93 kg annoncés à sec, exploitable bas dans les tours. La 300 2T à 11 659 euros demande à l'inverse un pilote confirmé, vu le caractère relevé par Freenduro. La Corse à 13 299 euros relève du choix de cœur : 1 300 euros pour de la finition, pas pour du chrono. Pour trancher au-delà d'une journée d'essai, il manque un relevé de coût d'entretien sur une saison complète, que ni Moto Verte ni Freenduro ne publient.



image d'illustration
Image d'illustration